Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Massinissa pour 289 dollars à New York (source Algérie express)

Publié par The Algerian Speaker sur 4 Janvier 2014, 15:51pm

Catégories : #TAKAFA (Culture)

En ce début d’année et dans une phase politique des plus tendues, j’ai un chagrin de mère et de citoyenne expatriée qui peut paraitre décalé. Pour ma part, je ne le crois pas. Le malheur, quand il dure, a toujours des racines profondes.

L’Algérie est l’un des principaux pays pourvoyeurs du marché parallèle de pièces archéologiques. Deux raisons à cela : à l’abandon du parc national et le désintérêt du ministère concerné pour une période historique qui doit être occultée s’ajoute le manque de moyens ; le budget du ministère étant dédié aux festoiements spéculatifs et démagogiques de la surenchère panarabiste qui atteint des sommets depuis le couple Boutef-Toumi. Avant de me rendre en Algérie pour les fêtes de fins d’année j’apprends qu’une pièce à l’effigie de Massinissa est mise en vente pour 289  dollars. Sur e.bay ce qui est un patrimoine inaliénable de l’Algérie se négocie sans vergogne. Pourquoi ?  

Festival "arabe"  de Djemila, l'ancienne Cuicul, festival du film "arabe" d'Oran, jadis Portus Magnus,  capitale de la culture "islamique" Tlemcen, l'antique Pomaria,  capitale de la culture "arabe" Alger 2010, ex-Icosium, capitale de la culture "arabe" Constantine 2015, Cirta, festival d’Al Anchouda (arabe) de Constantine ( re-Cirta),  bazar de la chanson "arabe" de Damas et de Beyrouth à Timgad, antique Thamugadi et on couronne le tout par le  festival « arabo-africain » de Tizi ouzou, fort de  Tazaghart. Des milliards partis en fumée sans comptabilité ni contrôle nous dit la cour des comptes. Combien de guides, de restaurateurs, de films de sensibilisation et de promotion…aurait-on pu financer avec le dixième de ces gâchis. L'agression  quotidienne à l'encontre de la culture et de la mémoire amazigh est une obsession ; agression par antagonisme et antinomie depuis qu' Al Khansa du désert de Najd et Al Hijaz  gagna,  sous le règne de Messaadia,  un fronton à Tizi Ouzou.

Saint Augustin se rebellait en   transperçant, sans sommation,   Maximums le grammairien par sa formule: ennemis des Berbères et d'eux-mêmes…comme ces Amazighs  de la chambre à échos à l'image des Sidi Said  et  Amara Benyounes, le nouveau globe-trotter du gouvernement ( quatre ministères en moins de 3 ans de présence dans l’exécutif ). Berbères  de figurines et des affiches  oeuvrant avec les fossoyeurs traditionnels  pour  le morcellement du pays et  pour donner raison à certains arpenteurs sectaires  partisans  du  rétrécissement cadastral   de la berbérité. A deux journées de marche à l’ouest du Nil, disait Pline l'ancien,   jusqu'aux colonnes d'Héraclès  commence la codification LBY dont l'Amazigh a hérité du nom. J'étais   contente de revisiter ces contrées avec mes enfants. Georges Washington, s'adressant à John Jay son secrétaire d’Etat, reprenait  ce que disait Tacite : les  Berbères sont une race indomptable à la guerre et j'étais encore contente de leur relire ce texte. 

En Tunisie, récemment, quand je quittais le territoire algérien du coté de Ouenza,  je voyais déjà une randonnée d'étudiants  à la Table de Jughurta de Kallaat Snan.  C'est Salluste et sa  monographie   Bellum Jugurthinum qui me renvoie à l'encerclement de l'année 107 av JC, lors de la bataille du Muthul ( Oued Mellag ) : quel honneur ! Le souvenir a brillé de mille feux dans mon cœur.  Et je continue à être contente. Puis le dépit m’envahit. En reprenant le volant je note un journal dans lequel est emballée une babiole achetée à Constantine. C’est echchourouk, piètre clone oriental qui bafouille et sème l’inculture, le déshonneur et la haine. 

L’avant-veille, en passant par Djemila, je me suis demandée  quel était le rapport de l’arabe avec cette zone occidentale  de la Numidie cirtéenne, fief des tribus amazigh   des Suburbures. Vous l'aviez deviné,  c'est le complexe d’infériorité, mais aussi la lâcheté dans le reniement qui veut faire plaisir aux maîtres et qui pousse à se déclarer Égyptien, Libanais ou Syrien   comme le faisaient Hamraoui Habib Chaouki (HHC) et Khalida Toumi à coup de manifestations populistes ou de productions cinématographiques de séries z , grâce à l'argent public.

Je dis tout ça avec des pincements au cœur, ce reniement se manifeste aussi par le pillage de notre mémoire qui se vend à vil prix à Paris,  à Copenhague et à New York. Des fossoyeurs indignes exportent la sève de l’Algérie. Qui veut acheter  une  pièce de Massinissa le Numide  à 289 dollars ? Qui veut négocier  le Roi Micipsa et son cheval à 120 dollars ? Les fondateurs de Cirta à vendre ! Qui l'eut cru ?  Il y a 17 siècles que le Roi Constantin avait décidé en 313 après JC de rebâtir Cirta  et donner le nom Constantine  a cette ville. En 2015 Sellal, le Bougiote va la souder, pas la jumeler,  à la Jordanie.

Comment, pourquoi et par qui tout cela est arrivé ? Le casting des mercenaires est diabolique. Khalida Toumi, cliente attitrée de la cour des comptes a vendu illégalement un terrain à bâtir à El Biar et s’est faite construire un ranch sur des terres agricoles juste en face du nouveau Club des Pins. HHC gère en toute quiétude ses rentes héritées de son long passage à l’ENTV. Benyounes a fait naître ses enfants en France où il dispose d’une carte de résidence de10 ans ; il continue les transactions auxquelles il s’est livré dans tous les ministères qu’il a occupés avec les dossiers qui transitent par l’industrie. Sidi Said va encore probablement « assumer », dans le procès qui s’annonce, d’avoir déposé, à des intérêts exorbitants, l’argent des travailleurs pour une carte gold à tirage illimité chez Khalifa Bank. Sellal, blagueur invétéré, se prend au sérieux et, après deux campagnes électorales de dopage de Bouteflika, veut se mettre à son compte en bourrant, dans cette troisième équipée, les urnes à son profit.  

Quand la panse broie tout, l’esprit, cette scène où se reconstruit le passé et se prépare l’avenir, se soumet avant de s’éteindre pour rejoindre le règne animal. Bonne année.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents